Introduction
Départ

 

 

 

 

 

1 - Introduction

      Quoique la plus courte, cette traversée n'en est pas pour autant la plus facile et ce serait
une erreur de la considérer comme une formalité. Les 100 premiers kilomètres, avec la traversée des monts d'arrées et une portion de la transarmoricaine jusqu'a mur de Bretagne, offrent un dénivelé positif de 1350 mètres. Ça peut faire sourire, on est loin de l'ascension de l'alpe d'huez mais l'accumulation de faux plats montants finit par laisser des traces sur l'organisme. Cette diagonale est aussi une des plus belles parce qu'elle résume parfaitement la diversité des paysages bretons.

 
2 - Départ
      Samedi 14 octobre 2006, la météo nous annonce un temps mitigé mais sans pluie, c'est peut être le dernier week-end avant l'hiver, de plus les paysages automnaux ont souvent un charme particulier. Bref 6 heures du mat on décolle de Dinan pour Morlaix, toujours flanqué de mon fidèle chauffeur lionel, on arrive à 07h30. Rendus sur place un balayeur nous indique le chemin mais une fois à l'endroit indique on ne trouve rien, il faut dire qu'il fait encore nuit et que le repérage est aléatoire. Alors demi tour et l'on se retrouve chez les pompiers qui nous indiquent le début du chemin. Il fait 11 degrés, la température idéale, tellement bonne que deux kilomètres plus loin lorsque ça commence à monter je suis obligé d'oter le coupe vent. Ça monte lentement mais sûrement pendant 13 kilomètres, les abords sont faits de landes et de prairies, certaines gares ont été transformées en auberges, mais c'est peut être encore tôt pour l'apéro.
 
 
      La température elle aussi change, les champs sont recouverts de gelée blanche, je commence a regretter de m'être déshabillé si tôt. Puis on traverse les bois, la pluie des jours précédents a laissé pas mal de boue au passage des ornières tracées par les engins de débardage. Ma plus grande hantise du moment est la crevaison car je traverse des centaines de mètres sur des bogues de châtaignes.
 
 
      Des noms comme « les rochers du cragou » ou la gare de Scrignac me rappellent les passages effectués ici lors des diverses éditions du Roch des monts d'arrées, que de souvenirs ! ... puis c'est le bout du chemin au Frostel sur la route départementale 54, a quelques kilomètres de Carhaix que je traverse sans encombre pour rejoindre la transarmoricaine à Treflin. Le soleil fait son apparition et je pense qu'il est temps de me restaurer, mais j'ai beau chercher dans mon sac à dos, pas de sandwiche, je saurai plus tard que dans la précipitation du départ je l'ai laisse dans la voiture, heureusement j'ai un stock de barres et pâtes de fruits. Bref je traverse Mael Carhaix puis Rostrenen ou je rencontre un vététiste qui me demande ou je vais, lorsque je lui réponds que je vais à Lorient (j'entends certains comiques qui disent 'pêcher le hareng'), le gars paraît incrédule puis me dit : 'ben t es pas rendu'. Le vent de face me gène énormément sur certaines parties droites, aussi je suis heureux lorsque j'arrive à Gouarec. Quelques bornes sur le halage puis je contourne le magnifique site de Guerledan via Caurel et j'arrive à Mur de Bretagne après tout juste 100 kilomètres de voyage. Le plus difficile est fait puisque le reste du parcours se compose du canal de Nantes à Brest jusqu'à Pontivy et ensuite de la descente du Blavet jusqu'à Lorient. Le halage gravillonné ne me réussit pas, j'ai le dos en vrac, je regrette mon 'python' à l arrière, j'étais mieux amorti, enfin me voilà à Pontivy et la voiture avec les sandwiches m'attend devant le superbe château. Après un déjeuner réparateur je repars le long du Blavet, là c'est du billard tout le halage est bitumé. Ce canal permettait au 19eme siècle de ravitailler le port militaire de Lorient à partir de la terre mais aujourd'hui sa vocation est surtout touristique et on peut dire que ce voyage de 62 kilomètre avec 28 écluses est vraiment magnifique. L'un de mes plus beau souvenir restera la chapelle Saint Gildas à Bieuzy les eaux, superbe nichée au coeur du rocher, sans oublier de belles chaumières ainsi que des centrales hydroélectriques d'un autre siècle.
 
 

      voilà j'arrive à la dernière écluse à Hennebont porte vers l'orient, il est 17h30 et 190 kms de parcourus, le halage ayant disparu je préfère arrêter ici plutôt que de faire les quelques kilomètres restants dans le pot d'échappement des voitures. Mon chauffeur, logisticien, supporter et webmaster est toujours là, merci pour sa disponibilité car sans lui aucune de ces traversées n'aurait été possible.

 
 
 
 
      Il reste encore bien d'autres traversées de la Bretagne à effectuer mais un autre projet me tient particulièrement à coeur, un tro breizh vtt (un tour de Bretagne pour les non bretonnants), aussi vais je laisser pour un temps ces chemins pour emprunter des parcours plus typés vtt avec aussi des étapes plus courtes. Alors rendez vous en 2007 pour un départ de Saint Malo.