| "Tout le monde savait que c'était impossible puis est venu un imbécile qui ne le savait pas et qui l'a fait" (marcel pagnol) |
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| Trois semaines avant le départ on décide de faire un galop d'essai grandeur nature. Cela va nous servir d entrainement et surtout nous faire reconnaître une portion que nous ferons de nuit. On se rend donc a st meen le grand en voiture pour tester la transarmoricaine jusqu’a Carhaix. Pour trouver le chemin on prend la direction de Loscouët Sur Meu, on passe au dessus de la quatre voies et on tourne à droite juste avant le panneau côtes d'Armor. Ensuite il n y a pas de réels problèmes il suffit de suivre le fléchage. Le parcours de la Brohinière à Carhaix en passant par le lac de Guerlédan offre des paysages très variés, il s'agit de l'ancienne voie ferrée centre Bretagne. Le balisage est correct et le profil vers Carhaix est ascendant. On passe st meen le grand, Merdrignac, plemet, Loudéac, st caradec, mur de Bretagne, on contourne le lac de Guerlédan par le nord, caurel, a l abbaye de bon repos on emprunte le canal de Nantes a Brest jusqu'a Gouarec puis on reprend le chemin jusqu’a Rostrenen, Maël Carhaix et Carhaix. nous pédalons a notre rythme et profitons pleinement du paysage. Les kilomètres défilent. On cherche notre route une fois ou deux mais rien d inquiétant. On s arrête boire un petit verre a Gouarec et vers midi on arrive à Rostrenen. 110 kilomètres au compteur, on pense que ca suffit car il y a le retour. Lionel qui était parti en moto nous rejoint à la pizzeria ou nous engloutissons des spaghettis carbonara. Le retour semble plus facile, a l'abbaye de bon repos on essaie le halage au lieu de rejoindre le chemin, erreur fatale, celui ci ne dure que peu de kilomètres et se termine par un cul de sac. On rejoint notre chemin via une carrière, mais la ca grimpe sérieux .bref on roule jusqu’a Loudéac sans encombre si ce n'est que depuis un moment j'ai un coup de "moins bien"‘. Micka achète du Coca et des croissants, il mange tout car moi je ne peux plus rien avaler. On repart et je termine comme je peux. Après 223 kilomètres j'aperçois enfin la voiture, un vrai soulagement.Je me pose quand même des questions : suis-je réellement prêt ? Quelle est la cause de cette Défaillance ? un malheur n'arrivant jamais seul, huit jours avant le jour J, micka m'annonce que des raisons familiales l'empèchent de partir. J'ai le moral au plus bas. J'évite d'en parler car à la maison on aurait vite fait de me dissuader. Quelques jours plus tard, après réflexion (si,si ça m'arrive), je décide de partir seul. |
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A 23h00 départ de la maison, lionel m'accompagne à Dinard et à minuit pétant c'est le grand départ. Je fais le tour de la place sur les pavés et rentre sur le chemin, là patatrac, voilà la lampe par terre. La honte, heureusement personne pour me voir. Je ne m'énerve pas, remet tout en place et scotche l'ensemble pour éviter de reéditer l'exploit. Je roule au feeling car je ne vois pas le compteur. Les chemins jusqu'a Médreac me sont familiers mais je suis malgré tout sur mes gardes car il ne s'agit pas de tomber. Une petite portion de route jusqu'a St Meen le grand ou je m'arrete manger les pates que m'avait prépare titi et j'attaque la transarmoricaine. La température est ideale, malgré la pleine lune le ciel est noir et je ne vois aucune étoile. Je passe la foret de la hardouinais et je m'arrete à Merdrignac pour changer les piles car depuis un moment j ai l'impression de rouler a tatons. J'arrive à Loudéac au lever du jour, il était temps car cette fois ci seules les lucioles m'éclairaient. Le fait d'avoir passé la nuit sans encombre me redonne du courage et de l'appetit. Je m'arrete à Mur de Bretagne ou j'achete des pains aux raisins que je mangerais à l'abbaye de bon repos (le cadre est plus sympa), je me sens d'humeur bucolique, c'est bon signe. Nouvel arrêt ensuite à Gouarec pour acheter de l'eau et des vivres. Durant toute la nuit je me suis imposé de boire et de manger règulierement pour éviter le "coup de moins bien". Je passe Rostrenen sous le crachin et arrive à Carhaix sous un soleil magnifique. Il va bientôt être midi, cela fait 200 kilomètres que je pédale, je déjeune le reste des pâtes face à la superbe locomotive qui trone près de l'ancienne gare. |
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Après un coup de fil à mon staff technique pour leur annoncer que tout est ok, je repars par le canal de Nantes à Brest, il fait très chaud, je m'arrête à Châteauneuf du Faou pour boire un coca et remettre de la crème à l'endroit le plus sensible de mon anatomie, celui qui repose sur la selle. Je suis étonné de mon état car je ne me sens pas fatigué. Puis c'est Châteaulin et la j'attaque le bitume, la suite ne sera plus qu'une succession de côtes, Douarnenez, aie ca grimpe, il faut tenir maintenant. Je fais un dernier arrêt à Pont Croix me désaltérer et acheter des croissants. Que de souvenirs ici quand je venais voir mon frère à l 'EAM d'Audierne. Pas le temps de m'attendrir je remonte sur mon fidèle destrier puis ce sera Primelin, Plogoff et enfin la Pointe du raz. |
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352 kilomètres au compteur, je suis fatigué mais heureux. Je retrouve mon fan club, on fête ça au Ice tea et on rentre à Dinan , bien sur en voiture, quel est le rigolo qui a dit en vélo ? Je pique du nez sur le chemin du retour mais n'arrive pas à somnoler, j'ai d'autres parcours en tête. |
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